A mon ami,
Tu es parti, je ne sais où, du moins je ne sais pas encore… j’aurai dû me douter, ton dernier mail me disait combien tu désirais me voir, je n’ai pas su trouver le temps, celui- ci coule trop vite... tellement de choses à faire ici, tellement d’évènements à gérer… je t’avais rencontré à un tournant de ma vie, tu as su me guider… j’avais 16 ans, en pleine déroute, je ne croyais pas à cette religion que mon père m’avait donné… tu as su me montrer la voie, m’amener à cette foi tellement plus proche de moi… tu es parti, et tu laisses un grand vide… tu m’avais dit de trouver le temps, combien nos discussions te manquaient, je ne te savais pas malade, tu n’en parlais pas… savais tu que le temps t’était compté ??? Je pense….
J’ai revu il n’y a pas longtemps un ami d’enfance et je me suis rendue compte alors combien moi j’avais grandie, combien lui était encore petit… et cela grâce à toi, à ton amitié…. Il ne comprenait pas, comme il ne comprend toujours pas, comme mon père n’avait pas compris, comme il n’a jamais compris…. Ses premiers mots furent « alors, toujours, bouddhiste ??? » il ne comprenait toujours pas, combien cette foi était plus proche de moi que toutes les croyances, que toutes les autres religions…..et il ne comprendra hélas jamais….
Tu n’aimais pas le froid, tu préférais le sud, son soleil, ses gens… tu étais loin et pourtant si proche, par le téléphone, par tes mails… et soudain, le vide, le silence, affreux, horrible… mais ta voix est encore dans ma tête, elle me guide encore pourtant…. Et me guidera encore. Je sais que je te retrouverai, ne sois pas pressé, je suis là et serai là….
A toi mon Ami, cette lettre qui ne te parviendra jamais, mais que tu lis, je le sens par-dessus mon épaule…. Je t’aime et je pense à toi