lundi 7 décembre 2009

Ombres et lumière



Une fille de marchand prétendait qu'elle ne pourrait aimer que l'homme qui trouverait le moyen de remplir tout l'espace de sa chambre en moins d'une journée. Or sa chambre était aussi vaste qu'un palais.

Plusieurs prétendants étaient déjà venus tenter l'aventure. Un boutiquier avait voulu remplir la pièce de ses bahuts, un paysan avait essayé avec du foin et de la paille, un berger avec de la laine, un fermier avec des plumes, il y avait même eu un batelier pour se risquer à inonder la pièce...

A tous, le temps avait manqué, et le soleil s'était couché en éclairant de ses derniers rayons les espaces vides qui demeuraient dans la pièce. Arrive enfin un jeune poète. Il reste toute la journée dans la chambre à ne rien faire si ce n'est à regarder la demoiselle. Elle, émue par tant de paisible attention, lui rappelle au crépuscule du jour qu'il faudrait tout de même songer à remplir la pièce.

Alors le garçon a sorti une bougie de sa poche, l'a posée devant lui, en a allumé la mèche et sa lumière d'un coup a empli tout l'espace...

On raconte que le soir des noces, la jeune et belle épouse a dit à son époux poète :

- En vérité, il y avait un espace dans la pièce que tu n'as pas éclairé, et c'était précisément celui qui se trouvait sous la bougie, à l'endroit même où elle se reposait !
- C'est vrai, a fait le jeune homme. Mais... pourquoi alors tu n'as rien dit ?
- Parce que..., a répondu la nouvelle mariée, je me sens moi-même comme cette chambre que tu as emplie de lumière, conservant toujours au fond de moi une part d'ombre secrète dans laquelle nul jamais ne pourra pénétrer...

vendredi 2 octobre 2009

comme quoi...



Une riche vieille dame décide d'aller faire un safari photo en Afrique.

Elle emmène son fidèle vieux caniche pour lui tenir compagnie. Un jour, le caniche part à la chasse aux papillons, et avant longtemps, il s’aperçoit qu'il s’est perdu. Errant au hasard en tentant de retrouver son chemin, il voit un léopard courir vers lui avec l'intention visible de faire un bon repas. Le vieux caniche pense :

- "Oh, oh! Je suis vraiment dans la m....…, là !" Remarquant les quelques os d’une carcasse qui traîne sur le sol à proximité, il se met aussitôt à mâcher les os, tournant le dos au léopard qui approche. Quand celui-ci est sur le point de lui sauter dessus, le vieux caniche s'exclame haut et fort :

- "Ouah, ce léopard était vraiment excellent! Je me demande s'il y en a d’autres par ici?"

En entendant cela, le jeune léopard interrompt son attaque en plein élan, il regarde le caniche avec effroi, et s’enfouit en rampant sous les fourrés.

- "Ouf!", soupire-t-il, "C'était tout juste! Ce vieux caniche a failli m’avoir!"

Cependant, un vieux singe, qui avait observé toute la scène d’une branche d'arbre à proximité, se dit qu’il pourrait mettre à profit ce qu’il sait en négociant avec le léopard et obtenir sa protection. Il part donc le rattraper mais le vieux caniche, le voyant courir à toute vitesse après le léopard, réalise que quelque chose doit se tramer. Le singe rattrape vite le léopard, lui dévoile le pot aux roses, et lui propose son accord. Le jeune léopard est furieux d'avoir été trompé:

- "Arrive ici, le singe, monte sur mon dos, et tu vas voir ce qui va arriver à ce petit malin!"

Le vieux caniche voit le léopard accourir avec le singe sur son dos et s’inquiète : - "Que vais-je faire maintenant?"

Mais au lieu de s’enfuir, le chien s’assied dos à ses agresseurs, faisant semblant une fois de plus de ne pas les avoir vus, et juste au moment où ils arrivent à portée de voix, il s’exclame :

- "Où est donc ce foutu singe? Ça fait une heure que je l’ai envoyé me chercher un autre léopard!"

Morale de cette histoire : On ne plaisante pas avec les vieux de la vieille. L'âge et la ruse arriveront toujours à triompher de la jeunesse et de la force ! ’astuce et l’esprit viennent seulement avec l'âge et l'expérience

lundi 27 juillet 2009

paroles

On en a marre des mecs qui nous promettent monts et merveilles
et qui, au premier tournant, nous jettent à la poubelle.
Ils peuvent toujours nous dire «  je t'aime »
on sait très bien qu'à la première venue, ils diront de même.
Les beaux parleurs sont devenus des super menteurs,
et ils savent très bien nous faire voir de belles couleurs.
Une femme qui aime est une femme qui croit en son amour
mais hélas, le prince se transforme en crapaud un beau jour.
Alors messieurs, gardez vos belles paroles, nous voulons des preuves
chaque jour, chaque nuit, la vie nous apporte des couleuvres,
essayez, vous au moins, de ne pas nous en faire avaler
car, voyez vous, on en a marre d'en baver !!!

dimanche 5 juillet 2009

maitre et esclave

Ce que tu ne peux pas donner te possède. Le danger dans le passé était que les hommes deviennent des esclaves. Le danger dans le futur est qu’ils deviennent des robots. Erich Fromm

De même que je refuse d’être un esclave, je refuse d’être un maître. Telle est mon idée de la démocratie. Abraham Lincoln

L’homme moderne est l’esclave de la modernité : il n’est point de progrès qui ne tourne pas à sa plus complète servitude. Paul Valéry

En donnant la liberté aux esclaves, nous assurons celle des hommes libres. Abraham Lincoln

Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être. Goethe

Lorsque l’homme s’habitue à voir les autres porter les chaînes de l’esclavage, c’est qu’il accepte lui-même un jour de les porter. Abraham Lincoln

Où il n’y a point de maître, tout le monde est maître ; où tout le monde est maître, tout le monde est esclave. Bossuet

L’esclave est un serviteur qui ne discute point et se soumet à tout sans murmure. Quelquefois il assassine son maître mais il ne lui résiste jamais. Alexis de Tocqueville

Si un homme ne fait que ce qu’on exige de lui, il est un esclave. S’il en fait plus, il est un homme libre. Proverbe chinois

L’écureuil a beau être petit, il n’est pas l’esclave de l’éléphant. Proverbe



quelques phrases glanées ici et là pour nous rappeler que dans certains pays, hélas, l'esclavage est toujours d'actualité, bon été à tous

mercredi 17 juin 2009

humour


Conversation d’hippopotames

Au beau milieu du fleuve, totalement irréfutables, deux énormes hippopotames ne laissaient paraître aux regards que les masses immobiles de leurs dos gris jaunâtres au cuir craquelé de boues éparses et d’algues mortes.

L’un des deux mastodontes émergea soudain des eaux sombres son incroyable trogne mafflue de cheval bouffi. Ses immenses naseaux sans fond se mirent à frémir et à recracher des trombes d’eau dans un éternuement obscène et fracassant. Puis il se mit à bailler. C’était un bâillement cérémonial, lent et majestueux, qui lui déchira la gueule en deux, aux limites de l’éclatement, en même temps qu’étincelait l’ivoire de sa bouche béante et que montait aux nues son beuglement sauvage. Presque aussitôt, le second hippopotame, sortit sa tête de l’eau en s’ébrouant frénétiquement. Puis les deux mastodontes se regardèrent longuement.

Alors, après avoir humé longuement de droite et de gauche l’air saturé de chaleur électrique, le premier hippopotame dit à l’autre :
- "C’est marrant, je n’arrive pas à me faire à l’idée qu’on est déjà jeudi".

Texte de Pierre Desproges - Vivons heureux en attendant la mort

mardi 12 mai 2009

petite parabole (merci Malek)




Un jeune homme était épuisé, voyant qu’il n’y avait pas d’autre issue, il se mit à genoux pour prier « Dieu je n’en peux plus » disait-il « Ma croix est trop lourde à porter ». Le Seigneur lui répond « Mon fils si tu ne peux la supporter dépose la dans cette pièce. Ensuite, ouvre cette porte et choisis celle que tu désires.



Soulagé, le jeune homme dit « Merci Seigneur » et fit ce qu’il lui disait. En entrant dans l’autre pièce, il vit plusieurs croix, quelques une si énormes qu’il ne pouvait pas les voir au complet.



Alors il vit une toute petite, appuyée sur un mur « Je voudrais celle-ci, Seigneur » murmura t il. Le Seigneur lui répond, « Mon fils, c’est la croix que tu as portée »...

jeudi 23 avril 2009

les êtres humains....


Savais-tu que les trois phrases les plus difficiles à dire sont, pour beaucoup :"Je t’aime", "Pardonne-moi" et "Aide-moi" ?


Les rêves les plus courants:

- être nu en public
- être poursuivi ou poursuivre quelqu’un
- la chute (tomber dans le vide)
- s’envoler
- avoir des trous de mémoire en public



« C’est un sujet passionnant que celui de la confiance dans nos sociétés. Nous en usons tous les jours à chaque instant de notre vie, c’est même un des mécanismes principal du fonctionnement de la société. Quand je traverse la route, je fais confiance aux feux de la circulation. Quand je prends l’avion, je fais confiance à la compagnie aérienne, au pilote et à toute une chaîne de responsabilités. Quand je paie une baguette de pain, je fais confiance quand on me rend la monnaie. Quand le médecin pose un geste médical, je lui fais confiance.

Qu’est-ce tous ces exemples signifient ? J’abandonne ma capacité à douter, j’abandonne mon pouvoir de décision, mon choix entre les mains d’une autre personne ou d’une autre autorité. Elle est construite par la combinaison d’un processus social et historique reposant sur des délégations progressives d’autorités.

La confiance est donc un mécanisme de raccourci. » Karl Dubost

jeudi 9 avril 2009

le danger des préjugés

Un jour, un homme ne trouva plus sa hache. Selon lui, de toute évidence, le coupable ne pouvait être que le fils du voisin. Il se mit à l’observer. L’allure de ce garçon était celle d’un voleur de hache, l’expression de son visage respirait à cent lieux le voleur de hache. Tous ses gestes, ses mouvements, tout son être, exprimaient sans l’ombre d’un doute le voleur de hache…



A force de faire les cents pas en épiant son voisin sans prendre garde où il mettait les pieds, l’homme trébucha sur le manche d’un outil légèrement enfoui dans la terre. Et cet outil, vous l’avez deviné, n’était autre que sa hache.



Le lendemain matin, il regarda par habitude le fils de son voisin. Tout son comportement, toutes ses attitudes, tout son être n’avaient plus rien d’un voleur de hache !…

mercredi 8 avril 2009

Apparition


Je vis un ange blanc qui passait sur ma tête ;
Son vol éblouissant apaisait la tempête,
Et faisait taire au loin la mer pleine de bruit.
- Qu'est-ce que tu viens faire, ange, dans cette nuit ?
Lui dis-je. - Il répondit : - je viens prendre ton âme. -
Et j'eus peur, car je vis que c'était une femme ;
Et je lui dis, tremblant et lui tendant les bras :
- Que me restera-t-il ? car tu t'envoleras. -
Il ne répondit pas ; le ciel que l'ombre assiège
S'éteignait... - Si tu prends mon âme, m'écriai-je,
Où l'emporteras-tu ? montre-moi dans quel lieu.
Il se taisait toujours. - Ô passant du ciel bleu,
Es-tu la mort ? lui dis-je, ou bien es-tu la vie ? -
Et la nuit augmentait sur mon âme ravie,
Et l'ange devint noir, et dit : - Je suis l'amour.
Mais son front sombre était plus charmant que le jour,
Et je voyais, dans l'ombre où brillaient ses prunelles,
Les astres à travers les plumes de ses ailes.





Auteur:Victor HUGO

dimanche 1 mars 2009

un conte plein de sagesse


un beau conte libanais illustrant l'importance du chemin de vie et de savoir profiter de l'instant présent sans procrastination excessive...



Un jeune homme pauvre décide un jour d'aller consulter un vieux sage au sommet d'une montagne et de lui demander des conseils pour changer son destin. En chemin, il rencontre un derviche qui l'accompagne parce que son chemin va dans le même sens. A la sortie de la ville, ils passent près d'un grand arbre dont le tronc creux laisse couler du miel.



- Retourne en ville, dit le derviche et ramène deux jarres. Ce miel pourra te rapporter dix dinars d'ors.

- Crois-tu que j'aie le temps ? Ne t'ai-je pas dit que je cherche l'homme qui m'aidera à changer mon destin ? Allons, pressons le pas !



Les deux hommes continuent leur chemin et s'arrêtent dans une forêt pour permettre à leurs ânes de se reposer. Une heure plus tard, un homme arrivant en chantant et conduisant devant lui un âne chargé de deux jarres pleines de miel. Le derviche regarde le jeune homme en souriant...



- Ce miel ne provient peut-être pas du même arbre; et puis j'aurais pu me faire piquer par les abeilles ! dit le jeune homme en enfourchant sa monture.



Dans une rivière, à quelques lieux de galop, ils aperçoivent un gros poisson qui s'étrangle et qui essaie, en vain, d'attraper une herbe au bord de la rivière.



- Donne-lui l'herbe, il semble en avoir besoin, dit le derviche.

- Je n'ai pas le temps de m'arrêter, te-dis-je. Je cherche à changer mon destin.



Une heure plus tard, un homme à cheval arrive à leur hauteur :



- Aujourd'hui je suis le plus heureux des hommes; je viens de donner une herbe à un poisson qui s'étranglait et, vous n'allez pas me croire, le poisson a fini par cracher dans ma main une perle rare qui s'était coincé dans son gosier. Cette perle vaut une fortune, je sais de quoi je parle car je suis joaillier !



Le jeune homme garde le silence mais pousse son âne pour aller encore plus vite. Au milieu de l'après-midi, ils passent près d'un rocher qu'une colonie de fourmis essaie en vain de déplacer.



- Si on s'arrêtait pour voir un peu comment elles vont s'y prendre ?

- Derviche, tu me fatigues à la fin ! Je veux arriver au sommet de la montagne avant la nuit.



Ils n'étaient pas encore parvenus au pied de la montagne qu'ils entendent deux bergers qui arrivent en devisant gaiement. Ils ont aidé des fourmis à déplacer un rocher qui cachait un coffre plein de pièces d'or. Ce coffre empêchait les fourmis d'agrandir leur royaume souterrain.

Le derviche regarda le jeune homme :



- A vouloir te presser pour arriver, tu as fini par n'arriver nulle part. Trois fois, tu as laissé échapper ta chance parce que tu n'avais pas le temps de t'arrêter pour regarder de plus près.

- Mais de quoi te mêmes-tu ? Et puis pourquoi n'as-tu pas fait toi-même ce que tu me demandes au lieu de me donner des leçons ?

- Je ne pouvais pas le faire moi-même, je ne pouvais qu'attirer ton attention, parce que c'est moi qui suis ton destin.



Et le derviche disparut, laissant le jeune homme seul au pied de la montagne...



Comme dit Etty Hillesum, "Il faut oublier des mots comme la Peur, la Mort, la Souffrance, l’Éternité. Il faut devenir aussi simple et aussi muet que le blé qui pousse ou la pluie qui tombe. Il faut se contenter d’être."

lundi 23 février 2009

Mes frères

Entendez mes frères,
Certains, pour tromper la faim
Mangent de la terre
Et n’ont hélas, plus rien
Entendez mes frères,
D’autres se taisent sous l’oppression
Le silence est leur prière
Et vont sans but et sans raison
Entendez mes frères,
Quand un enfant meurt dans vos bras
Quand règne la peur, la faim, le fer
Quand on se demande pourquoi,
Entendez mes frères
Ils sonnent à votre porte
Et vous n’entendez guère
Mais demain, c’est peut être toi qui sera à ma porte
Entendez vos frères humains
Tendez une main
Pour que l’avenir soit plus gai
Pour que le soleil règne en paix

jeudi 19 février 2009

sagesse navajo



Il était une fois un jeune homme, qui aimait chasser dans la montagne. Il ramenait le gibier à sa mère et ils en faisaient de délicieux repas. Un jour, alors qu'il se reposait à l'ombre d'un rocher, il aperçut une ourse. Il banda son arc, visa et s'apprêta à lancer sa flèche; mais le regard de l'ourse était tellement doux et tendre que le jeune homme resta figé. L'ourse était belle, elle se tenait debout, les bras ouverts, comme si elle l'attendait, comme si elle l'appelait. Le coeur du jeune homme se mit à battre, non pas de peur, mais d'amour; alors il laissa tomber son arme et s'approcha. L'ourse le prit dans ses bras, ils se serrèrent et s'embrassèrent comme deux amoureux qui s'attendaient depuis toujours.

Pendant longtemps, ils vécurent ensemble dans la montagne, et pendant longtemps il s'aimèrent. L'ourse lui montra les secrets de la montagne, les secrets de la forêt et ses pièges, et le secret des plantes qui guérissent et des plantes qui donnent la mort. Elle lui présenta tous les animaux de la montagne et de la plaine, elle lui apprit à les aimer, elle leur apprit à le protéger. Sept années s'étaient passées dans le bonheur, lorsque l'ourse décela sur le visage de son compagnon une légère tristesse.

- Qu'y-a-t-il mon bien-aimée ? lui demanda-t-elle.
- Depuis sept ans, je n'ai plus de nouvelles de ma mère. Je me demande ce qu'elle est devenue.
- Oui, je comprends. Vous les humains, même quand vous grandissez, vous restez attachés à vos mères. Demain, si tu veux, tu iras la voir et lui réchauffer le coeur.

Le lendemain, le jeune homme partit vers son village, le pas léger, mais le coeur inquiet de l'accueil qui lui feraient sa mère et les voisins après sept années d'absence inexpliquée. L'ourse sentit l'inquiétude de son bien-aimée et décida de le suivre discrètement pour le protéger. Le jeune homme arriva dans son village. Il se faufila jusqu'à sa maison et poussa la porte. Sa mère, comme toutes les mères, fut transportée de joie de revoir son fils, elle le prit dans ses bras et l'embrasse en pleurant. L'ourse, qui avait collé son oreille contre la fenêtre, se rassura. Son compagnon était bien accueilli, il n'était pas en danger.

- Mais où était-tu mon fils ? Pendant de longues années, je t'ai pleuré et pendant de longues années, je t'ai attendu.
- Ma mère, je suis marié.
- C'est une nouvelle qui réjouit mon coeur. Mais où as-tu laissé ton épouse, mon fils ?
- Ce n'est pas une femme, c'est une ourse.

La mère se figea...

- Une ourse, dis-tu mon fils...
- Elle est douce, elle est belle, elle est... Je l'aime, ma mère et elle m'aime aussi !
- Ce que tu dis est impossible mon fils. Une ourse n'est pas comme nous !
- C'est vrai, mais elle est tellement merveilleuse.
- Tu en parles mon fils comme si elle n'avait pas de défauts. C'est quand même une ourse, non ?
- Si tu savais mère comme elle est parfaite.
- Cela ne se peut pas mon fils. Cherche bien. Elle a sûrement des défauts.

Pour faire plaisir à sa mère, le jeune homme dit : "c'est vrai qu'elle a mauvaise haleine quand elle bâille." L'ourse entendit cette parole et son cour en fut blessé. Elle revint dans sa montagne, les larmes aux yeux. Pendant sept jours, elle attendit, seule et triste, le retour du jeune homme. A la fin du septième jour, il arriva gai et le coeur léger.

- As-tu va ta mère? lui demanda l'ourse.
- Oui ! Elle était heureuse de me revoir !
- Lui as-tu parlé de moi ?
- Bien sûr, je n'ai fait que cela.
- Que lui as-tu dit ?
- J'ai dit que tu étais belle et douce et que nous nous aimions beaucoup, passionnément.
- C'est tout ?
- Oui.

L'ourse resta un moment silencieuse.
- Tu vois la grosse pierre qui est là? Prends-la et frappe-moi sur la tête !
- Mais pourquoi donc, mon amour ?
- Fais-le, je t'expliquerai plus tard.

D'abord, elle insista puis elle menaça, et le jeune homme finit par s'exécuter. L'ourse se dirigea vers la forêt, la tête couverte de sang. Elle revint une semaine plus tard. Le jeune homme l'attendait inquiet.
- Ma bien-aimée, où étais-tu? Comment va ta blessure ?
- J'étais partie la soigner, regarde et dis-moi si elle n'est pas guérie.
- Elle est encore rouge et toute enflée.
- Ce n'est rien, dit-elle, elle guérira.

L'ourse reprit le chemin de la forêt et ne revint qu'une semaine plus tard.
- Regarde et dis moi si ma blessure est guérie.
- C'est extraordinaire, on ne la voit pratiquement plus !
- Tu vois, la blessure que tu as faîte à mon corps avec la pierre a fini par guérir, et bientôt je l'oublierai, mais celle que tu as faite à mon coeur en disant à ta mère que j'avais une mauvaise haleine quand je bâille, celle-là ne guérira pas...

Et l'ourse chassa le jeune homme qui revint vivre dans son village. Il passa le reste de sa vie regretter l'ourse et à penser à elle en se disant : "la blessure du couteau guérit un jour, celle de la parole dure toujours".

vendredi 9 janvier 2009

une fois n'est pas coutume




Un de mes amis vend propriété de 1632 M2
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jeudi 8 janvier 2009

hiver


C'est l'hiver qui sonne à la porte,
la neige et le froid l'emportent,
mais dans nos coeurs brule une chaleur
qui s'appelle amour et donne du bonheur
ouvrons nos portes et nos coeurs
tendons une main amie vers le malheur
pour ceux qui souffrent et qui ont faim
que sur cette terre paix et amitié vivent enfin


en image, "la colombe" de Magritte