Pourquoi dit on…
Poser un lapin
Ne pas se rendre à un rdv, le plus souvent amoureux, sans en avertir, au préalable, la personne concernée
L’expression est née au XIXème siècle. Au départ, elle voulait dire « ne pas rétribuer les faveurs d’une femme » le sens actuel serait apparu dans le langage étudiant dans la deuxième décennie du XIXème. « poser un lapin » signifiait donner de faux rdv amoureux, en d’autres termes faire une blague à un ami qui attendait inutilement la jeune femme devenant l’objet de la risée de ses copains embusqués ! Et le choix du lapin? Peut être à cause de sa réputation d’amoureux rapide et prolifique!
Prendre la mouche
Etre très susceptible, s’emporter sans raison apparente
L’expression fait allusion à la mouche à bœufs, qui se nourrit du sang des animaux. Ses piqures entrainent dans certains cas l’agitation, voire l’affolement, du bovin qui parait s’énerver subitement et sans cause apparente. Cette expression a le même sens que « quelle mouche l’a piqué? »
Payer en monnaie de singe
Lancer des plaisanteries ou payer avec une fausse monnaie au lieu de rembourser une dette
L’expression remonte à l’époque du Moyen Age. A Paris, il fallait alors s’acquitter d’un péage pour emprunter le pont reliant l’ile de la cité à la rue Saint Jacques. Seuls les forains, bateleurs et autres saltimbanques qui possédaient un singe étaient autorisés à s’en dispenser. En effet, ils pouvaient, en guise de paiement, faire exécuter un numéro à leur animal. C’est Saint Louis qui établit une ordonnance afin de distinguer les animaux considérés comme de simples marchandises (bovins, ovins, cochons, poules et autres volatiles), sur lesquels s’appliquait la taxe, des compagnons et des complices des ménestrels.
Etre le dindon de la farçe
Se retrouver la victime dans une aventure, une entreprise ou une affaire
Dans les comédies bouffonnes du XVIIIème siècle, les acteurs qui jouaient des rôles de religieux dupes étaient appelés les « pères dindons » par allusion à cet oiseau de basse- cour jugé peu intelligent. D’où l’expression actuelle. La pièce de Feydeau intitulée « le dindon » a ensuite largement contribué à la populariser.
Un ours mal léché
Une personne grossière, mal élevée
Au XVIIème siècle, on compare l’attitude des ours aux comportements humains. Un homme qui fuit la société est qualifié d’ « ours », par analogie avec les mâles qui vivent en solitaire. Mais pourquoi « mal léché »? Comme tous les mammifères, l’ourse qui vient de mettre bas lèche son petit pour le débarrasser du placenta. Une vieille superstition soutenait que les oursons n’étaient pas tout à fait développés tant que leur mère ne les avait pas modelés en les léchant. Ainsi, l’expression désignait d’abord un enfant ou un homme handicapé physiquement. Par extension, la malformation physique s’est transmuée en insuffisance éducative : un ours mal léché est un home mal élevé, donc grossier.
Fier comme un pou
Orgueilleux, imbu de lui-même
Contrairement aux apparences, cette expression provient non du pou, l’insecte, mais du coq. En effet, au Moyen Age, on disait « fier comme un poul », celui-ci désignant le mâle de la poule. Pour la petite histoire, le mot « coq » vient de « cocorico » l’onomatopée de son cri.
Verser des larmes de crocodile
Faire croire qu’on est triste
L’expression serait due à une légende affirmant que les crocodiles du Nil attiraient leurs victimes en poussant des gémissements, l’équivalent du chant des sirènes, qui, en attirant les hommes dans les flots, les menaient également à la mort. Selon une autre explication, les crocodiles pleureraient en dévorant leur victime, non par tristesse, mais parce que leurs glandes lacrymales fonctionneraient en même temps que leurs glandes salivaires.
Une poule mouillée
Une personne peureuse, sans courage
Au départ, la locution semble avoir désigné une personne timide et faible, par analogie avec le comportement d’une poule surprise par la pluie : elle se tient à l’écart, sans remuer, dans une sorte d’abattement. De fait, les oiseaux, alourdis par l’eau, ont des difficultés à voler, ce qui les rend plus vulnérables face à leurs prédateurs. Cette expression est attestée dès 1680 dans le dictionnaire de Richelet, qui donne la définition suivante « manquer de courage et de hardiesse. N’avoir point de courage »
Avoir des yeux de lynx
Avoir une vue perçante
L’expression fait non pas référence à l’animal, mais à un personnage de la mythologie grecque, le roi Lyncée, qui, grâce à sa très bonne vue, aida Jason à mener son bateau jusqu’à la Toison d’or. Et c’est de Lyncée que vient le mot « lynx », un félin nocturne doté d’une excellente vision. A l’origine, l’expression était donc « avoir des yeux de Lyncée » mais au fur et à mesure du temps, elle s’est transformée en « avoir des yeux de lynx »
Enfourcher son dada
Parler de son sujet favori
Au temps des fiacres, les cochers criaient « dia! Dia! » pour faire avancer leur attelage. Les jeunes enfants répétaient « da! Da! » sur leur passage. C’est ainsi que le cheval a été appelé « dada » en langage enfantin. Comme la plupart des enfants avaient des jouets représentant un cheval, souvent à bascule, le « dada » est devenu par extension un hobby, une passion. Dans cette expression, le « dada » est donc un sujet pour lequel on se passionne et la personne qui l’enfourche est celle qui parle.
Avoir des yeux de merlans frits
Avoir un regard niais
Apparue au XIXème siècle, cette locution a remplacé « faire des yeux de carpe frite » ! Pourquoi ce changement de poisson? Nul ne le sait, mais les yeux de l’un comme de l’autre, une fois frits, sortent des orbites et ressemblent à des billes blanches inexpressives. A l’origine, on employait cette formule pour parler des jeunes gens qui échangeaient des regards tendres et énamourés, attitude jugée niaise, d ‘où le sens actuel.
Faire le pied de grue
Etre debout et attendre longtemps quelqu’un
L’oiseau échassier a la particularité de se reporter sur une seule patte. en référence à cette attitude étrange, dès le XVIème siècle, l’expression « faire (de) la grue » désigne quelqu’un qui attend longtemps debout. La formule évolue ensuite en « faire la jambe de grue » pour finir par « faire le pied de grue » . Il faut noter aussi que dès l’origine, le mot « grue » évoque également une prostituée dans l’attente d’un client potentiel.
Avoir une tête de linotte
Etre étourdi
Dans la langue française, « tête de » annonce une forme péjorative. Ici, l’ajout d’un oiseau n’est pas anodin, car le volatile a longtemps été réputé peu intelligent, sans doute parce qu’on pensait que l’intelligence était proportionnelle à la tête du cerveau. Avec les progrès de la biologie, au aurait dû revoir l’expression, mais les habitudes du langage on la vie dure!
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